
Il y a quelques jours, lorsque je suis allé voir Monsieur Mami à l’hôpital, il avait ce sourire que je n’oublierai jamais. Malgré l’épreuve qu’il traversait, il était heureux de recevoir de la visite. Le voir sourire et partager ce moment avec lui n’avait pas de prix. La nouvelle de son décès nous bouleverse.
Tarek Mami, président de la radio France Maghreb 2, a combattu la maladie jusqu’au bout, avec courage. Journaliste, il était aussi un intellectuel dont les analyses nous faisaient réfléchir, parfois jusqu’à nous faire changer de regard. C’était un homme d’une profonde sensibilité humaine.
Je garde en mémoire nos manifestations communes pour la Palestine. Dans un climat de fortes tensions, il a eu le courage de dénoncer sur les ondes de France Maghreb 2 le génocide qui se déroulait à Gaza.
Ce que j’aimais particulièrement chez Monsieur Mami, c’était sa capacité à rassembler. Il donnait la parole aux habitants des quartiers populaires et aux petites associations de terrain. Dans ses émissions, il réunissait des chroniqueurs venus de tous horizons : des cadres, des banquiers d’affaires, des ouvriers et bien d’autres encore. Chacun pouvait apporter son regard pour aider à décrypter l’actualité.
Cette diversité fait la richesse de France Maghreb 2. Avec l’aide de celles et ceux qui font vivre la radio, Monsieur Mami a travaillé pour que la liberté de parole et le débat y aient une place réelle. Il voulait aussi que la radio aille à la rencontre des gens, à Marseille, à Paris et dans les banlieues parisiennes. C’est ainsi qu’elle a pu faire entendre des voix que l’on écoute trop rarement.
Monsieur Mami avait des convictions fortes. Il ne souhaitait pas donner la parole sur les ondes de France Maghreb 2 à des représentants de l’extrême droite ou du Rassemblement national. C’était une question d’éthique et de valeurs que je partage pleinement.
Le Grand Forum, animé par Christophe Frot, porte cet esprit. Beaucoup d’auditrices et d’auditeurs attendent cette émission et l’écoutent avec plaisir. Monsieur Mami et Christophe Frot m’ont donné la chance d’y devenir chroniqueur. Je garderai précieusement le souvenir des émissions partagées avec eux, ainsi que de la présence de Monsieur Mami aux conférences et aux initiatives d’O’Crescendo à Gennevilliers.
Merci, Monsieur Mami, pour votre confiance, votre professionnalisme et tout ce que vous avez mis en place. Merci d’avoir réuni tant de personnes et d’avoir permis à tant de voix de se faire entendre. Vous allez énormément nous manquer. Nous ne vous oublierons pas.
J’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Je pense tout particulièrement à Sofia, à Inès et à son épouse Amina, qui l’ont accompagné jusqu’à son dernier souffle. Leur amour et leur présence m’ont profondément touché. Je leur souhaite toute la force et tout le courage possibles.
Reposez en paix, Monsieur Mami.
إنا لله وإنا إليه راجعون

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