Le foyer de Brenu est là, sous nos yeux, en train de disparaître lentement. Pas encore réduit en gravats, mais déjà condamné. Une disparition progressive, presque discrète. Comme si son histoire devait s’effacer sans bruit.

Ce lieu, géré par Adoma, n’a pas simplement hébergé des hommes. Il les a confinés. 7 mètres carrés. Oui, 7. Pour vivre, dormir, survivre. À 300, 350 euros par mois. Des douches collectives. Une cuisine collective. Une promiscuité imposée.
Ici vivaient des chibanis, des migrants, des travailleurs invisibles.
Des hommes venus construire ailleurs, et qui ont fini par s’abîmer ici. Certains y ont laissé leur santé. D’autres leur dignité. Certains y sont morts. Dans l’indifférence.
Et pourtant, il y avait de l’humain. Une petite salle de prière. Des regards, des échanges, des solidarités silencieuses. Une fraternité née dans la contrainte.
Aujourd’hui, le bâtiment tient encore. Mais son histoire, elle, est déjà en train d’être effacée.
Et ce qu’on ne doit pas oublier, c’est que pendant des années, Adoma a fait payer cher à des personnes vulnérables des conditions de vie indignes. Ce traitement en dit long. Très long. Qui accepterait, en 2026, de vivre dans 7 m² ?
On ne voit pas encore les murs tomber.
Mais on voit déjà la mémoire disparaître.
Et ça, c’est encore plus grave.

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