
98 ans,
98 années d’histoire.
Et pourtant… combien prennent encore le temps d’écouter ?
Aujourd’hui, je veux rendre hommage à Messaoud.
Arrivé en France en 1949, il a consacré sa vie au travail. Dans le bâtiment, comme grutier, pas très loin de la Gare du Nord. Il a construit, élevé, porté des villes entières… souvent dans l’ombre, toujours avec dignité.
Originaire de Bordj Bou Arréridj, en Algérie, il n’a jamais coupé le lien avec ses racines. Aujourd’hui encore, il fait des allers-retours entre l’Algérie et la France. Comme un pont vivant entre deux terres, deux histoires, deux vies.
Il a pris sa retraite en 1992. Mais son histoire, elle, continue de vivre à travers chaque mot, chaque souvenir.
Messaoud fait partie de ces hommes qu’on appelle les chibanis.
Des hommes discrets, mais immenses.
Des mémoires vivantes. Des encyclopédies qu’on devrait écouter en silence.
Je bois régulièrement le thé au petit café du coin, pas très loin du foyer Adoma du 115 avenue des Grésillons.
Un lieu que je considère comme un véritable café social.
C’est là que les anciens se retrouvent, échangent, racontent leur vie…
Mais aussi un lieu où ils cherchent de l’aide, parfois pour remplir des documents administratifs.
Un lieu de solidarité, d’écoute et de lien. Un moyen exceptionnel de communiquer avec eux.
Et nous ?
Prenons-nous vraiment le temps de les écouter ?
Parce qu’ils sont encore là.
Parce qu’il est encore temps.
Parce que leur histoire est aussi la nôtre.
Prenons soin d’eux. Écoutons-les.
Respectons-les.
Longue vie à Tonton Messaoud
#Gennevilliers #Chibanis #foyerdu115

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