
Les réseaux sociaux des années 80 avaient une odeur.
Celle du café chaud, du zinc usé, des discussions animées en fin de journée, des rires fatigués, parfois des colères, souvent des espoirs.
Dans les années 80–90, les gens se retrouvaient dans les cafés, les cafétérias, les bars de quartier.
Après l’usine, après le travail.
Ils partageaient leurs journées, leurs luttes, leurs idées.
Ils refaisaient le monde, maladroitement peut-être, mais ensemble.
Ils se regardaient dans les yeux. Ils s’écoutaient. Ils existaient.
Les réseaux sociaux des années 2000 tiennent dans la paume de la main.
Des cafés toujours pleins… mais de silences.
Des tables occupées, mais des regards absents.
Des gens côte à côte, seuls ensemble, le doigt qui scrolle sans fin.
Et je m’inclus dedans.
Parce que oui, moi aussi je tombe dans le piège.
Ce piège confortable où l’on ne fait plus rien, si ce n’est consommer des images, des vidéos, des vies qui ne sont pas les nôtres.
On scrolle, on scrolle encore… jusqu’à parfois s’abrutir, sans même s’en rendre compte.
On a troqué la discussion contre le défilement.
Le débat contre le like.
Le vécu contre le virtuel.
Le plus ironique ?
On n’a jamais été aussi connectés…
Et jamais aussi déconnectés des autres.
Ce n’est ni une leçon, ni une nostalgie facile.
C’est un constat.
Et une question.
À quel moment avons-nous accepté que nos téléphones prennent la place de nos conversations ?
À quel moment avons-nous cessé d’être présents pour simplement être connectés ?
Peut-être qu’il est temps de relever la tête.
De poser le téléphone sur la table.
Et de retrouver ce geste simple, presque oublié : parler, écouter, partager, ensemble.
Parce qu’aucun algorithme ne remplacera jamais un regard sincère autour d’un café.

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