
Halima, 84 ans.
Elle vient de Annaba, en #Algérie.
Elle vit dans le foyer Adoma du 115 depuis plusieurs années.
Je l’ai rencontrée en faisant du porte-à-porte dans ce foyer, pour le rassemblement prévu ce jeudi à 18h30.
Elle m’a invitée à m’asseoir dans sa chambre.
12 m², son seul espace, son refuge.
Son mari est décédé en 2020, pendant le Covid.
Depuis, elle est seule.
Ses cinq enfants vivent en Algérie.
Halima ne peut pas retourner vivre définitivement au pays.
À cause de ses problèmes de santé.
Mais surtout à cause des nouvelles règles liées à la loi des dépassements de trois mois, qui lui feraient perdre ses droits et certaines complémentaires de retraite.
Alors elle reste ici.
Par contrainte, pas par choix.
Pendant qu’elle parlait, Halima a pleuré.
Plusieurs fois.
Elle essuyait ses larmes et continuait à raconter.
J’ai vu une femme qui avait besoin de parler.
Besoin d’échanger. Besoin d’être écoutée.
Et j’ai vu une Halima heureuse que je reste discuter avec elle. Halima vit au 11ᵉ étage.
Elle ne prend jamais l’ascenseur.
Elle a peur qu’il tombe en panne.
Alors elle sort très peu.
La plupart du temps, elle reste dans sa chambre de 12 m². On lui a proposé de changer de chambre pour etre au 1er etage. Elle a refusé.
Parce que c’était aussi celle de son mari.
Parce que les souvenirs comptent.
Heureusement, il reste l’humain.
Miloud, toujours présent, opérationnel, qui l’accompagne dans ses démarches, ses rendez-vous médicaux, ses traitements.
Fatima, qui s’organise pour qu’Halima ait ses courses.
Mais est-ce normal ?
Qui accepterait que sa mère vive ainsi ?
Qui accepterait qu’à 84 ans, une femme isolée vive dans un foyer inadapté ?
En la regardant, je ne voyais plus Halima.
Je voyais ma mère. Et une seule question :
où est la justice ?
Derrière le foyer Adoma du 115,
il y a des vies, des mères, des histoires.
Et tant que ces vies resteront invisibles,
c’est notre humanité à tous qui sera mise à l’épreuve.
#foyeradoma115 #Gennevilliers

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