
Lorsqu’un homme vient à disparaître, quoi qu’est pu être sa vie, notre première pensée va à sa famille et tous ses proches, à qui nous présentons nos plus sincères condoléances. Il en est ainsi d’un homme aussi controversé que Bernard Tapie. Il a pu forcer notre admiration, déclencher en nous la détestation, il n’a laissé personne indifférent. La question qu’on peut se poser, que doit-on retenir de la vie de ce Monsieur dynamite de la vie publique française ? L’homme d’affaire, la bestiole politique, le dirigeant de l’OM… ?
Pour ma part, je retiens l’homme qui a imposé le débat face au FN de Jean-Marie Lepen. Il a toujours milité contre les idées de l’extrême droite, même lorsqu’il a cédé aux sirènes « sarkosistes ». Il a incarné dans des formes, souvent contestables, le rêve français d’un ascenseur social qui percerait le plafond de verre, sous lequel échoue l’écrasante majorité des ambitions populaires. Il a porté toute l’indécence d’une richesse décomplexée qui s’est affichée sur tous les murs du paysage médiatique.
Malgré tout cela, et bien qu’il ait défrayé la chronique, il y avait en lui cette fragilité populaire encrassée au labeur d’une puissante ambition. Il transpirait cette fougue aventurière qui a touché au rêve, les gens les plus ordinaires. Il a épuisé la patience de la classe sociale des nantis qui ne lui a pas pardonné ce désir de rester un enfant des classes laborieuses. Cette même caste qui a voulu lui faire payer ce que, par ailleurs, elle pratique tous les jours sans aucune vergogne.
Est-il possible de regarder une vie aussi tumultueuse, sans porter de jugement ? #BernardTapie

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