
Plus les années passent et plus il est difficile de définir la relation avec ceux qui ont partagé notre enfance. Un ami d’enfance pèse très lourd dans le solde de notre affection. La fidélité en amitié est un bien précieux, elle est le gage de la constance, elle a les atours des jalons qui bordent notre présence et comme les citronniers des campagnes andalous, elle embaume les allées du jardin de notre existence. Cette amitié brave l’érosion du temps, elle se bonifie à chaque instant et elle devient l’écrin de nos souvenirs.
Un ami d’enfance est une ancre attachée au fil des jours, elle amarre au quai de la bienveillance l’espérance d’une main tendue, pour vous comprendre. Il sait les gestes de votre quotidien et déchiffre les messages de votre silence. Il accourt à la moindre alerte et vous répond oui, sans besoin d’insistance. Votre sourire rayonne sur son visage et vos larmes pleuvent sur ses joues. Il s’incline toujours en révérence, devant la beauté d’une telle exigence.
Pourquoi les mots pour dire ces choses émouvantes ? Simplement pour saluer Mamadou, un ami d’enfance. Comme moi, il a 39 ans et aussi loin que m’envoient mes souvenirs, je le sais présent comme une ombre rassurante que projette la lumière, sur les murs du quartier de notre enfance.
Est-ce un hasard, s’il est aujourd’hui éducateur sportif ?
Face à la force de son engagement, cette vocation ne peut-être que le produit de la Providence. Il a choisi d’être auprès de ceux que la vie n’a pas gâtés.
Là, où nous voyons des difficultés, lui ne voit que des solutions à apporter. Vous pensez laisser tomber, lui se bat comme un forcené. Il consacre sa vie pour tendre la main à de jeunes gens laissés à l’abandon. Je n’ai pas besoin de parler de sa sincérité et de son courage.
La banlieue est sa Patrie, dans chaque quartier, il est chez lui. Pour beaucoup, il est comme un grand frère, il est mon pote et Dieu est témoin, combien j’en suis fier.

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